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L’interdiction de ce démarchage téléphonique est attendue depuis le mois de juin 2021. Un amendement au projet de loi de finances doit être prochainement déposé.

Depuis de longues semaines, voire de longs mois, de nombreux messages, courriers électroniques et coups de téléphone enquiquinent la vie de nombreux concitoyens. Tous visent à leur faire utiliser les deniers amassés et dormant dans leur compte personnel de formation (CPF). Mais ce démarchage téléphonique devrait bientôt être interdit, en vertu d’un amendement qui sera prochainement déposé au projet de loi de finances, a affirmé la ministre du Travail au Parisien, dans un article publié lundi 15 novembre.

L’annonce de l’interdiction de ce démarchage téléphonique avait été faite par le ministère en juin dernier, mais sa mise en pratique prend du temps. Auprès du quotidien, Elisabeth Borne confirme toutefois l’objectif de l’amendement qui sera bientôt déposé. “Il s’agit de s’inspirer de la loi mise en place après les abus constatés dans le cadre de la rénovation énergétique, qui interdit tout démarchage téléphonique”, précise la ministre.

Ce démarchage a tendance à conférer une image peu reluisante au dispositif et ce, alors que la plupart des appels proviennent de centres basés en Israël ou en Afrique subsaharienne. Des structures qui, selon les informations du quotidien, sont sous contrat de sous-traitance avec de nombreux centres de formation. Et les appels et messages sont répétitifs. “C’est très massif. Même nous, nous en recevons sur nos téléphones !”, déplore auprès du Parisien un responsable au sein de la Caisse des dépôts, qui est en charge de gérer le CPF.

Plus de trois millions de personnes formées en deux ans

“On aspire depuis des mois à ce que ce type de pratiques soient interdites. Cela facilitera la tâche de tout le monde”, estime pour sa part Michel Yahiel, ex-conseiller social de François Hollande et à qui l’on doit la mise en place du dispositif. D’autant que le CPF, en simplifiant de nombreuses démarches, a déjà permis à 3,2 millions de personnes de se former depuis deux ans.

“Il y a autant de femmes que d’hommes, sept sur dix sont des ouvriers et des employés et deux personnes sur cinq ont plus de 50 ans, selon notre bilan. C’est une réussite”, insiste Michel Yahiel, qui ne souhaite pas que cette réussite soit impactée de façon négative par un démarchage trop agressif.

Un démarchage agressif… et des escrocs bien rodés

Pour arriver à leurs fins, certains centres de démarchage récupèrent les données trouvées ou achetées sur le Dark net et revendent leurs services aux différents organismes de formation. Mais les intentions de certains sont encore bien plus sombres. Comme le rapporte le Parisien, certains escrocs montent des fausses formations dans des centres inexistants afin de toucher l’argent issu du CPF.

Car la manne financière n’est pas négligeable : 38 millions de comptes existent, qui représentent près de 53 milliards d’euros. Pas moins de 39 plaintes contre des centres de formation ont déjà été déposées en deux ans, même si, selon Michel Yahiel, il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure. “Il y a 25 000 organismes référencés. Il suffit d’un petit nombre de malfrats. Mais en réalité, les escroqueries, c’est une goutte d’eau”, relève-t-il.

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